Levée de mauvais poil ce matin, je m’apprête, à mon corps défendant, à vaquer à mes tâches dominicales.
Je consacre généralement les dimanches à l’achat de mes drogues habituelles, en fplus de la mission incontournable : renflouer le frigo familial.
En retard sur mon horaire, désespérée et anticipant le calvaire que sera Giant à pareille heure (stationnement, relations publiques, embouteillages de chariots et patati et patata…), j’opte pour Extra.
Passé huit heures trente, mieux vaut éviter « le géant à vos côtés », qui veille chaleureusement sur les brebis de Saint-Pierre.
Convaincue d’avoir fait le bon choix, je franchis la porte vitrée de la pharmacie, mon innocente liste en main. Mais c’était oublier que les voies du Seigneur sont impénétrables.
L’apprenti pharmacien, voulant probablement sauver mon âme de je ne sais quel mal, me demande si je me rends ou reviens de la messe.
Moi, Dominique, qui le dimanche circule dans des vêtements hybrides, hésitant entre le pyjama et la tenue de yoga ?
Me doutant d’un piège, je choisis la sincérité.
Sur ce, le messager de Dieu m’instruit, entre l’achat d’un flacon de vitamine C 100 mg et de seringues d’insuline, de mon obligation de me rendre à la messe tous les dimanches.
Si lui nous rend service en ouvrant le dimanche, c’est la moindre des choses que nous en remercions le Seigneur.
Ce à quoi, à mon grand chagrin, j’approuve de grand cœur, alors que je n’avais qu’une envie : ajouter à ma liste déjà longue une boîte de préservatifs.
Vexée contre moi-même, j’expédie le reste de mes courses et rentre illico à la maison programmer mon réveil sur 7 h 30 pour tous les dimanches à venir.
Si j’ai le choix, au Nouveau Testament, je préfère encore la mythologie, où sévissent les géants.
15 sept 2013
Revisité le 4 juin 2025
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