Aujourd’hui, je suis plutôt d’humeur massacrante ! Encore un peu, voyez en moi ce prophète des rues qui déambule, mégaphone en main, annonçant la fin du monde. (Ça tombe bien. Nous avons un nouveau pape.)
J’ai des idées de meurtre. Ma cible : mon physiothérapeute. Lui qui pourtant se plie en quatre pour m’alléger. Mais sa vision pessimiste de mon avenir me crispe, quand elle ne me panique pas. Il me répète souvent :
— Je te dis ça pour que tu prépares ton futur. (Comme si je n’étais pas suffisamment drama queen par moi-même.)
Ma terreur n’a plus de bornes. Mes ongles deviennent griffes, et le goût métallique du sang me fait frissonner.
Heureusement que j’ai le don de la contradiction. En l’écoutant parler, j’ai décidé de lui prouver le contraire. Mind over matter. Et basta !
Sauf que le matter est overwhelming. Et puis, changer de paradigme pour une dépressive chronique ? — Rien de moins sûr. (Ça tombe bien. Nous avons un nouveau pape.)
L’autre jour, je me suis sentie comme une bête de foire, à utiliser un monte-charge pour atteindre le niveau trois, là où se trouve mon poste de travail. Pourtant, je suis entourée de bienveillance et de sollicitude ; mais face à cette dépendance et à cette vulnérabilité, je broie du noir et affûte des scénarios catastrophes.
Le coup qui tua le coucou : un bon samaritain, animé des plus nobles intentions, m’annonça qu’avec l’avancée de ma maladie, bientôt mes mains seraient kaput, et que je ferais mieux d’investir dans des applications de reconnaissance ou de dictée vocale.
Et l’idée, mes chers lecteurs, de ne plus pouvoir vous écrire mes élucubrations m’anéantit.
« Pour un instant, pour un instant seulement », comme dirait Brel.
Un semblant de logique m’est revenu lorsque j’ai décidé d’embrasser ma mobilité réduite, de respecter le message de mon corps trop longtemps ignoré, et de trouver l’équilibre sur lequel danser.
Hier, j’ai pris logement chez Blue et j’en ai fait mon petit nid d’amour pour le temps de la convalescence, avec mon fidèle compagnon. Priant pour que cet espace ne soit pas annexé aux territoires perdus.
Pourquoi pas ? Nous avons un nouveau pape. Il est venu le temps de croire aux miracles — ou, à défaut, de mettre sa foi en pratique.
P.S. : Isocèle, se sentant laissé pour compte, dégringole les escaliers avec la souplesse d’un félin, escalade une fenêtre et miaule toute la nuit au pied de mon lit.
13 mai 2025
Propositions
Petits espaces : Aménager et valoriser son intérieur

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