J’inverse la place des mots. J’ajoute l’article le. La potion macère. Sera-t-elle mortelle ou salvatrice ?
Ainsi, la direction de ce texte défie mes intentions premières et prend un autre tournant. [If I’m being honest, à l’instar de mes éditeurs (chat GPT et consorts), les premiers jets étaient atrocement pénibles aussi bien qu’à lire, réviser ou réécrire]. Terrible quand l’intelligence artificielle, encore à ses balbutiements, fait mieux que moi ! Mon ego en a pris un coup. Heureusement qu’hier n’est plus. J’ai survécu. In addition, I live to fight another day et soumettre cette nouvelle version à mes infaillibles éditeurs.
Entre deux lignes, je prie la Trinité, les anges, archanges, tous les saints et êtres de lumière that I’ll get to pass go. If not, know that I have been naughty, and Santa will not bring you the gift of a new flash fiction on Domino’s Scribbles next Wednesday.
Je deviens labyrinthique, qui saura découvrir le fil d’Ariane ?
À lire noir sur blanc « Le protocole EFT », je me retrouve dans le livre L’Anomalie d’Hervé Le Tellier. Pourtant l’EFT n’a rien à voir avec la speculative fiction. [Bon d’accord, L’Anomalie résiste à la classification des genres et sous-genres littéraires —tout comme le soutient le mouvement LGBTQIA+ (l’alphabet pour les intimes)]. Le lien est ténu, je le reconnais. Moving along…
Le charme du protocole EFT m’a immédiatement conquise. J’en ai encore des papillons jaunes de la Saint Jean dans le cœur. Ce qui me permet de survoler mon mal être actuel.
L’EFT, short for emotional freedom techniques (techniques de libération émotionnelle), consiste en de fermes tapotements sur des points d’acupression ou d’acupuncture (kif-kif bourricot*) afin de dégager l’énergie verrouillée à certains endroits, régulant ainsi le flux vital tout en pratiquant de l’autohypnose via une répétition quasi mantrique de certaines affirmations. J’écris ceci sous toutes réserves. Ma compréhension peut être ou pas conforme à la doctrine première de l’EFT (licence créative).
Sur ce, un coq à l’âne à défier tous les genres. Un ange passe.
L’EFT a délié de façon débilitante mes émotions et m’a conduite à l’association d’emotional freedom techniques aux freedom fighters. [Possible effet secondaire de ladite méthode]
Pour les avoir trop souvent vus assimilés aux membres des gangs sévissant en Haïti, les mots freedom figthers me braquent. À les entendre, mes oreilles se dressent. Mes dents grincent. Les poils de mon corps se hérissent. Je me métamorphose en un monstre fantastique à la Dr. Jekyll & Mr. Hyde.
Non ! Pas de soucis. Je ne saurais me transformer en loup-garou… La pleine lune, c’était dimanche. [Quoique mon esthéticienne aurait bien deux mots à dire là-dessus, voir même en écrire plusieurs chapitres.]
Hé oui, à vivre en Haïti ces dernières décennies, on finit par développer pas mal de résilience [un autre mot à éradiquer de notre collectif] et/ou un PTSD sévère, pour ne pas pronostiquer terminal. Ce terme (freedom) est pour moi spolié par les politiquement corrects qui, sans vergogne, tentent d’associer cette expression aux terroristes qu’ils valident. Tiens, tiens, cela me fait penser à la citation de l’auteur britannique Gerald Seymour, reprise par Christiana Mbakwe Medina, co-animatrice de Trevor Noah dans le podcast culturel What Now de ce 12 décembre (S2 E17) : « One man’s terrorist is another man’s freedom fighter ».
Rien que d’y penser, mon loup-garou voit la lune pleine.
Revenons à mon EFT.
Cherchant à joindre l’utile à l’agréable et par souci de gestion du temps, j’ai fait un melting pot de mes méditations, des exercices d’alignement des chakras et de la méthode EFT fraîchement assimilée. Sans vantardise, je suis une surdouée du protocole EFT. Dans mon enthousiasme, je pense avoir ouvert un peu trop le chakra de la gorge. Je suis passée sans transition d’un mutisme absolu et d’une bouderie chronique à un incessant word vomit qui me rend méconnaissable, sans parler de ma nouvelle tendance à semer la zizanie. Mon inquiétude est la suivante. En pratiquant les tapotements au niveau du chakra de la couronne, au-dessus des sourcils et au coin des yeux, un vide sidéral m’a profondément secoué. Tant et si bien que j’ose à peine l’écrire, voir le prononcer de vive voix : au point crucial de mes cogitations, ma boîte crânienne sonne creux !
18 décembre 2024
*kif-kif bourricot. Dans le français colonial, cela signifie têtu comme une mule. Dans mon vocabulaire décolonisé : du pareil au même.
Propositions et Bonus de Noël




Répondre à pioleroc Annuler la réponse.