(pour toutes les Dominique, Laurence et Stéphane)
Cela fait deux semaines [bientôt trois] que je me casse la tête. À J-1, je suis dans le pétrin. J’appréhende le 7 août comme la Covid-19 de 2020. J’agonise à l’idée de n’avoir toujours pas « pondu » mon texte qui aurait dû être publié avant-hier. Échéance, bien entendu que je me suis imposée sans l’aide de personne, me répétant sans cesse :
— Allons donc, Mino ! Respecte tes engagements ! Tu avais promis des billets hebdomadaires. Hé oui, Domino a des tendances sadomasos. Surtout quand elle parle d’elle à la deuxième ou à la troisième personne du singulier. Trop de personnes gambadent dans son texte !
Je suis d’autant plus contrariée, n’ayant pas pris grand soin de préserver mes anciens écrits, l’option du recyclage devient de plus en plus problématique. Augmentée du fait que certains d’entre eux se sont oxydés avec le temps.
Mais, merci aux J.O. et aux groupes WhatsApp. Ça y est entre politique et faits de société, nous tombons dans la guerre des genres ! [Vais-je vraiment m’aventurer dans cette cage aux folles ?]
Je suis en pleins sables mouvants. Je me retrouve en porte-à-faux avec mes convictions acquises dans l’enfance, la Domino trentenaire et réfractaire ; et quant à la quinquagénaire, elle me laisse carrément dans le cirage.
Rageuse face au machisme de mon pays, j’hésite quand même à qualifier ce dernier de société patriarcale et archaïque. Peyi lòk, nous sommes certainement. De plus, la vision catholique, apostolique et romaine qui a bercé mon enfance et adolescence n’a réussi qu’à me flanquer une peur bleue du vaudou [appelez-moi, la girouette des émotions].
Bien entendu, c’est la confusion totale au niveau de mes cellules grises. J’ai beau vouloir suivre les instructions de M. Hercule Poirot, c’est plutôt la débandade. Et une incapacité accrue à appréhender le monde actuel.
Les premiers symptômes se sont manifestés par l’ingérence de l’écriture inclusive. Oui, l’orthographe et la grammaire se pens ak pikwa pou mwen [j’avoue avec regret que c’est aussi bien valable pour l’anglais, le français et le créole]. Mais là, les il.s. elle.s et les they/them me paralysent et me poussent à chercher le pluriel dans le singulier. Récemment, à la lecture d’un livre, ma petite voix questionnait l’auteure sans relâche [hé oui, je parle aux écrivains et personnages] :
— Mais où sont les autres ? Tu n’arrêtes pas d’écrire they [le tutoiement me vient facilement], mais je ne vois qu’une seule personne, moi ?!
Il m’a fallu un chapitre entier avant de comprendre que le they auquel l’écrivaine se référait n’était en fait qu’un seul et unique individu. Ceci dit, me revient en mémoire la règle de grammaire apprise au primaire : le masculin l’emporte sur le féminin. Et là, mes poils se hérissent… Et me font reconsidérer le pouvoir des mots et du langage.
Et cela me rend un peu triste. Car, il n’y a pas vraiment de juste milieu. Je constate chaque jour la vacuité des mots sous le joug du politiquement correct. Une des dernières expressions employées à qui mieux mieux et qui me fait tiquer à tous les coups est le fameux « I see you » en guise de témoigne d’empathie à son interlocuteur.
Puis, j’ai fait une excursion sur les genres. Un bref tour sur Google m’apprend qu’en 2022 on comptait déjà plus de 72 genres.
Vraiment ! Personnellement, le mot pointilleux flashe dans ma tête. Mais que sais-je ? Ou plutôt qui suis-je ? Le monde est illimité et plein de possibilités. Sauf pour les illustres inconnus, ignorants de mes « pronoms », qui par courriels ou via téléphone tiennent absolument à m’affubler d’un Monsieur Dominique. Allez savoir pourquoi ! Alors que tout comme la boxeuse qui fait la une des journaux et réseaux sociaux ces jours-ci, je suis née femme, je m’identifie femme, et mes papiers de même.
Et finalement, ce tollé autour la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques ! Même si certaines scènes autour de la Seine m’ont mise mal à l’aise, est-ce pour autant nécessaire de crier ô blasphème, ô cérémonie satanique ?
— Vade retro satana !
Ridicule ! Face aux Donald Trump et aux J.K. Rowling de ce monde, n’en déplaise à Harry Potter, pour le temps des J.O., moi je m’écrie Vive Paris, Vive la France !
To do a double take on my double back on the subject matter, je me rétracte et reviens sur mes engagements. À savoir, mes écrits ne seront plus hebdomadaires, mais plutôt régis par ma maîtresse Inspiration, au gré de ses humeurs [elle en est encore à la recherche de ses pronoms identifiants].
En espérant te retrouver très bientôt sur le blog.
6 août 2024
Propositions:



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