Dimanche – 3h33 a.m.
Un cri strident me percute les tympans. Je me réveille en sursaut.
My frontal lobe not yet awakened, j’ai du mal à comprendre ce qui se passe.
Quelques secondes ou minutes plus tard, mes neurones are firing : ce sont les détecteurs de fumée. À dix secondes d’intervalle, ces charmants appareils jouent les C majeurs en mezzo-soprano.
Une fois la panique d’incendie écartée, et le soulagement (ou non) de ne pas avoir à descendre en petite culotte l’escalier en colimaçon de mon grenier pour atteindre gentiment les pompiers, une nouvelle inquiétude me hante :
— Comment faire taire ces maudits instruments de torture auditive ?
Mes méninges, avec un peu de recul, ont finalement compris que ces ténébreux objets exigeaient simplement un remplacement de batteries. Bien entendu, il fallait que ce soit à l’heure des sorcières ! (Corrélation ?)
Mon minuscule studio, faisant office de caisse de résonance, m’empêche d’identifier lequel de ces trois détraqués s’époumone de la sorte.
Méthodique, je poursuis mon enquête de façon rationnelle. Le plan d’attaque est le suivant : débrancher, à tour de rôle, chacune des reliques enchantées et, si le mutisme s’installe, je détiens la coupable.
Simple, en apparence, n’est-ce pas ? La suite me prouva que non.
Depuis mon réveil, un monologue interne des plus bavards me mitraille le cerveau. Il voit le danger partout et les catastrophes embusquées dans mes pas.
Je l’ignore. Pour l’instant, toute goguenarde, j’allai interpréter la trapéziste volante, utilisant ma table de chevet comme point d’appui.
Priant Dieu, tous les saints et mon cercle de guides célestes de soutenir une noble cause, mais surtout de m’éviter une chute monumentale.
Je m’attelle ardemment et vaillamment à la tâche.
Après avoir religieusement testé toutes les sirènes, j’en arrive à la conclusion désolante que soit mon hypothèse est fausse, soit qu’un quatrième comparse se cache perfidement de moi.
La situation n’a pas changé. Perchée sur la table de nuit, la sonnerie stridule à qui mieux mieux.
Que me reste-t-il ? Obstruer mes oreilles à l’aide de coton ouaté ? Appeler les voisins à la rescousse ? Ils ne dorment certainement pas, vu l’alegría de là-haut !
Ou encore me référer à Nick, mon sympa Cambodgien de landlord ?
Déconfite, les oreilles en compote, j’en suis presque au stade de faire un duo d’enfer entre ce détecteur et moi.
Mon réveil flashe : 4h00. Eh oui ! Trente minutes se sont écoulées. Problème toujours pas résolu.
Dernière tentative. Je mets une nouvelle batterie à ces jacasseurs et tends l’oreille…
Merveilleux et apaisant silence.
(Une retraite vipassana s’impose.)
Malgré tout, se cogite sournoisement une spéculation :
— Comment ces appareils ont-ils pu fonctionner sans alimentation ?
Mais le plus triste, dans toute l’histoire, c’est que ces machins ont tous été installés en même temps.
Ceci suggère que je devrai peut-être m’attendre à d’autres réveils tonitruants.
14 juin 2009
Revisité le 3 septembre 2025
Propositions

L’art de vivre : Méditation Vipassana enseignée par S.N. Goenka

Calamity Mamie et les pompiers


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