L’année défunte a interrompu le souffle de vie de nombreux êtres qui me sont chers. Malgré mes multiples admonestations, l’actuelle me harcèle sans relâche. S’agirait-il de pérégrinations liées à ma santé mentale ? Cela passerait encore ! [Au stade où nous en sommes, je suis une abonnée.] Comme pour répondre à un défi lancé par 2024, 2025 ap chache m kont. Elle réveille ma polyarthrite rhumatoïde dormante, chatouille mes narines avec des allergènes d’origines inconnues et compromet ma voûte plantaire d’une aponévrosite. Dieu merci, mes crises de vertiges se font plus discrètes. Vade retro satana !
Que vous soupçonniez que je sois hypocondriaque, vous feriez fausse route. Preuve à l’appui, je vous soumets mon dossier médical et les coordonnées de mes nombreux médecins traitants. Un consortium sans fin. Révolu le temps des omnipraticiens et des docteurs de famille. À l’heure où j’écris ces lignes, je respire péniblement, le nez congestionné (la narine droite inopérante), une quinte de toux interrompant régulièrement une oreille qui alterne entre divers instruments à vent (avec une prédilection pour le tuba).
Lors de ma dernière visite chez l’ORL, deux points essentiels ont retenu mon attention :
— Radiographie des sinus négative.
— Confirmation de narines hautement sensibles aux allergènes, nécessitant une investigation approfondie et l’introduction dans le pool des M.D. d’un(e) allergologue.
Greffée à cette allergie, j’ai développé une étonnante réticence envers le corps médical et les grandes compagnies pharmaceutiques. Quant aux assurances, elles feront l’objet d’un billet doux ultérieur.
Pour quelqu’un qui voulait faire médecine, je ne me reconnais plus. [Je rêvais d’avoir un M.D. accolé à mon nom. Tout compte fait, je suis la preuve vivante de l’absolue fausseté de l’idiome « A leopard cannot change its spots »] Car les sciences médicales ne m’inspirent plus que frayeur.
If I’m being honest, je ne suis pas strictement contre la médecine moderne, mais plutôt contre l’abus de médicaments et leurs conséquences sur ma personne. Je pense à mon père. Je deviens frileuse. Cette même médecine qui lui a sauvé la vie il y a quarante-trois ans, lui faisant don d’un rein fraternel, a fini par l’achever le 30 avril dernier.
Cela dit, en bonne Haïtienne qui se respecte, je jongle entre les Doctors of Medicine et les Dòktè Fèy. Auto-diagnostiquée bipolaire, je chaloupe et louvoie entre les deux. J’alterne, quand je ne jumelle pas, les prescriptions M.D. et les pratiques médicinales traditionnelles haïtiennes. Bien entendu, il n’y a aucune contre-indication. Je me garde bien d’informer l’un et l’autre des liens qui nous unissent.
J’entends la voix de mon père:
— Dominique, arrête d’avaler ces Tylenol comme s’il s’agissait de jelly beans ou de pastilles de menthe…
Et j’ai un visuel de sa boîte à pilules. Impressionnant le nombre de cachets multicolores qu’il ingurgitait quotidiennement. Et ceci précédait son diagnostic de cancer du pancréas. Depuis, les traitements se sont multipliés de façon exponentielle, tout aussi vite que les cellules cancéreuses attaquaient sa force vitale.
Donc, je fais de la résistance active quand il s’agit de gober des graines tamponnées par Big Pharma à la moindre maladie ou en anticipation de. [Même mes pastilles de menthe. Prekosyon pa kapon.] J’ai perdu le goût des jelly beans.
De l’autre côté du spectre, il y a Tante Mathilda. Ces jours-ci, je partage ses croyances, nonobstant quelques réserves. Depuis ses études ethnobotaniques, Tante Mathilda ne jure que par les plantes médicinales et notre bonne vieille médecine ancestrale. Donc, je me suis mise aux bons soins de Tante Mathilda et de sa clique. Fini les pastilles de menthe.
Tante Mathilda et la spécialiste en allergie consultée m’ont conduite à renouer avec les remèdes de Blue et la médecine douce de mon pays. Le lien de causalité n’en a été que plus intense suite à une tentative avortée d’extraire l’allergène de mon nez à coups de sniffage de poivre noir, où je détruisais au passage mon système ORL (yeux, oreilles, nez, gorge). Ce qui m’amena à éliminer l’option numéro deux, à savoir le mâchouillage intensif du piman bouk.
Le cœur sur la main, j’explore toutes les méthodes et procédés coutumiers qui m’aideraient à venir à bout de cette allergie et ces grippes à répétition. Avec ordre et méthode, j’ai traité mon nazo à toutes les huiles essentielles possibles et imaginables : citron, eucalyptus, lavande, menthe poivrée, myrte vert, niaouli, ravintsara, romarin, tea tree, thym, vétiver, pour ne nommer que celles-ci. J’ai perfectionné les recettes de Blue à base d’ail, oignon, miel et citron (sans oublier les pommades camphrées et l’huile maskriti). J’ai réussi à dégager une mauvaise haleine, mais pas les sinus. Je ne sais plus quoi sniffer ou avaler. Avec toutes les décoctions, je me compote en dinde fourrée aux effluves d’huile d’olive et d’ail frais. [Au moins, je n’ai plus rien à craindre des vampires.]
Comme susmentionné, je garde quelques doutes concernant ma reconversion complète « au naturel ». Surtout quand j’entends Tante Mathilda psalmodier :
— Rien de plus néfaste que le sucre raffiné pour la santé. [C’est que je viens tout juste de me mettre aux recettes de tartes sucrées ! Mes tartes aux citrons et aux grenadias se koupe dwèt.]
À un changement aussi drastique de paradigme, une période de transition s’impose. Hésitante entre l’extrême droite et l’extrême gauche, mon autruche intervient. Elle fera le trait d’union entre la chèvre et le chou.
J’ai tout essayé. Y compris le recours au dilatateur nasal. Avec eux, je me sens cachetée et brevetée : La Vache Ruminante. Malheureusement, je suis aux West Indies et non aux Indes. [Quant à changer le nom des espaces géographiques, autant commencer par celui de West Indies que d’ergoter sur le Golfe du Mexique. Du moins, à l’humble avis de l’égocentrique qui se révèle dans quelques lignes, à ma grande surprise.]
Force est de constater qu’en ce qui concerne la médecine moderne et son bras droit, les pilules, ou les plantes médicinales et leurs huiles essentielles, je suis réfractaire aux deux.
Un bon Samaritain prend ma cause en main, me suggère des douches nasales à l’eau de mer et m’offre un Neti Pot en céramique bleue. Et la lumière fut ! Petite sirène des Caraïbes, je ne peux que retourner à ma source.
Dure dure pour une sirène qui vit en Haïti d’acheter de l’eau de mer en bouteille venue d’Allemagne.
7 mars 2025
Propositions

Si la vie te donne des citrons, fais-en une tarte meringuée

HealthAndYoga™ Flojar Ceramic Jala Neti Pot


Laisser un commentaire