おはよう-こんにちは-こんばんは
Voilà des lustres que j’ai renoncé aux résolutions du Nouvel An. Aux oubliettes. Santé mentale oblige. Je me retrouvais régulièrement à six semaines et douze secondes près de la ligne d’arrivée voulant métamorphoser le marathon prévu en sprint de dernière minute. A.k.a. ma fameuse liste des douze résolutions prises coupe de champagne en main le 29 décembre de l’année précédente — inachevée pour ne pas dire not even started de l’année en cours ! Qui me connaît sait que j’associe vitesse à vertige et que je privilégie en tout la lenteur. Donc, je ne convaincs personne, moi encore moins, quand je prétends que je vais accomplir en six semaines ce que je n’ai pu faire durant les quarante-six antérieures. Si, il y a un défaut que je n’ai pas, c’est celui de me mentir à moi-même. Aux autres, cela m’arrive encore, de façon sporadique. Mostly white lies. Trop directe et manquant de filtre pour communiquer avec le commun des mortels, car ne sachant pas enrober mon verbe de sucre de canne ou de miel politiquement correct, le mensonge me sert d’adoucissant.
En cette période de l’année propice aux Hallmark movies à deux sous, je me retrouve régulièrement emmitouflée sous mes draps, comme enterrée en dessous d’une pile de feuilles d’automne, le moral au ras du sol, tanguant vers le zéro pointé.
Cette année, j’adopte la variante japonaise.
— Quel malotru vient de murmurer seppuku ! ?
Non, absolument pas ! Pas de seppuku ! J’aurais bien aimé émuler le talent littéraire de Kimitake Hiraoka, hélas, ce pouvoir me fait défaut. Par contre, je me sens en affinité avec celui d’Amélie Nothomb.
Après des générations de hoarding familial [533 ans de traumatismes ont leur conséquence], — transmises de mère en fille, my DNA coding subit une mutation. J’aspire au minimalisme, à l’épuré et à l’abandon du concept pil sou ta. Je mets tout simplement en œuvre La magie du rangement avec Marie Kondo. Le principe est basique. Whatever does not bring you joy, tu t’en débarrasses. À moins de faire dans le sado/maso, la procédure est straightforward. Tu fais trois piles et tu les nommes : @la poubelle, @donner, @vendre ; et, comme par enchantement, une éclaircie s’opère dans ton environnement physique et mental.
Réflexion faite, les circonstances étant ce qu’elles sont, ne pouvant faire ni marché aux puces ni vente aux enchères [paranoïa aidant], j’ai remplacé la pile @vendre en pile @refiler.
Qui dit mieux en cette période de Papa Noël et d’étrennes du Nouvel An ! Aux âmes bien intentionnées qui seraient estomaquées de ma conduite, qui trouveraient à redire du bien-fondé de l’art du « refilage », je partage avec elles quelques vertus de cette application :
- Réduit l’empreinte carbone en recyclant
- Diminue de façon probante la probabilité du trouble de la thésaurisation chez la femme âgée [ces messieurs devront trouver autre chose]
- Consolide le tissu et la cohésion familiale en renforçant certaines traditions ancestrales [familles dysfonctionnelles s’abstenir]
- Fait le bonheur de celui qui donne, et vice versa
- Favorise le flux et la circulation des biens
- Développe la créativité et l’imagination [redorer le blason d’un emballage kanni où étincellera un plateau d’argent datant de Mathusalem pousse à l’innovation]
- Augmente le pouvoir d’observation et de concentration [au choix : #6 ou #8]
- Hand-Eye Coordination [recoller des petits morceaux de bibelots en porcelaine de Limoges et des assiettes de Copenhague exige une rare dextérité manuelle et, il en va de soi, laser eyes].
Et tout ceci doit être exécuté avant le Premier de l’an nouveau. Donc, si vous faites attention aux dates, nous sommes aujourd’hui le vendredi vingt-sept décembre de l’an deux mille vingt-quatre. Travaillant en présentiel dans une entreprise, je n’ai en principe que le 29 pour devenir japonaise. Top chrono !
Aux premières lueurs de 2025, la Japonaise répond présente. The hoarder is also back, ayant rajouté à sa panoplie quelques livres sur le shodō et le kintsugi. Et le reste, poussière d’étoiles…
3 janvier 2025
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