Je vis une fiction spéculative apocalyptique [moi qui ai en horreur ce genre littéraire].
— Qui me tendra un filet de sauvetage ? [Accompagnerai-je Elon Musk sur la planète rouge ? Pititooo ! Pito pa !]
Ou plus simplement : comment arriver à penser, à réfléchir ? Tout est tumulte et distractions. Le rationnel a pris la poudre d’escampette ici-bas.
Le tourbillon de Blue n’est pas loin. Voilà qu’il se transmute en tornade ! Mon pessimisme, que d’autres zagripan qualifieraient de négativisme, brandit le drapeau endeuillé de la dépression. Il y a de ces jours où je rêve d’être une psychopathe, une sociopathe, une météorite qui mettrait fin au règne sapiens. [Ces êtres « intelligents, sages, raisonnables et sensés. » Really ? Mon œil, wi !]
Un peu moins d’empathie me permettrait de vivre mieux cette destruction massive des valeurs humaines.
Mon âme fait écho au Desdichado de Gérard de Nerval.
Entre les wildfires de Californie et la neige au nord de la Floride, entrecoupés de la désintégration du Starship SpaceX, que reste-t-il ?
Moi, la petite sirène des Caraïbes, nage en eaux troubles — quand elles ne sont pas contaminées. [Désolée si mes références sont caribéennes et américaines, un peu nombrilistes, je le reconnais. Promis, juré, je me diversifierai en genres, matières et zones géographiques. N’en déplaise à monsieur le président.]
J’ai le cœur bleu. Après avoir détruit la planète Terre, saturée, égorgée par leurs satellites artificiels et autres man-made weapons of mass destruction, l’espace devient l’enjeu de ces sankoutcha.
Est-ce l’âge qui me fait croire que la fin du monde est proche ?
Hier, j’ai pété un câble pour une insignifiante histoire de road rage. Face à la mauvaise foi, l’étroitesse d’esprit et le je-m’en-foutisme de ces abrutis, ces énergumènes, ces malotrus et sanszave qui parasitent la voie publique, enfreignant toutes règles de décence, de savoir-vivre, et n’ayant aucune notion du Code de la route. Kriz bourik monte m face à ces humanoïdes robotisés, sans la moindre once d’intelligence (artificielle ou non).
Nous étions deux nageant à contre-courant dans ce magma dansant, insalubre et opaque. Et une nouvelle fois, la loi du plus grand nombre l’a emporté. Niant une logique implacable et des faits avérés [petit exemple régional d’un phénomène planétaire].
Le schisme fut consommé, j’ai déclaré forfait.
La folie furieuse persiste. Bien plus contagieuse que la Covid-19.
N’ayez crainte. L’épiphanie est en bout de ligne. [Cela m’arrive souvent ces jours-ci, je dois être une de ces illuminées !]
J’ai finalement compris que si je ne peux, la Terre, elle, saura se défendre. Le changement climatique n’est qu’un atout à son arsenal. Un gentil petit avertissement.
Pour résumer, ici, contrairement à mes résolutions du Nouvel An, je fais la promesse formelle :
— Fini les intempestives colères et crises de nerfs. Plus de prédications annonçant la fin du monde. Mea maxima culpa. [Dorénavant, elles seront réfléchies, canalisées et sciemment exécutées avec art et méthode .]
Je redeviens, reste zen. Je me contente, en bonne agronome, de cultiver mon jardin et planter mes graines loin des théoriciens du complot.
Un peu de palo santo, une pointe de sauge blanche et quelques herbes fraîches venues de Jamaïque, et me voilà jouant au ver de terre. Observatrice tranquille et stoïque. J’oxygène la terre. Faisant fi du béton, grandissent entre les deux bananiers de Big et quelques épines de bougainvilliers, une vigne de grenadia, un quénépier, un Citrus maxima, et un avocatier. Ils sauront, le moment venu, restaurer la planète.
29 janvier 2025
Propositions

Orbital – Une journée, seize aurores



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