Depuis le tremblement de terre de 2010, une des pensées limitantes qui me poursuit :
— Si un séisme me surprend lors d’un défrisage, admettant que j’y survive, comment vais-je faire avec tous ces produits chimiques qui me brûlent le cuir chevelu ?
Pourquoi cette éventualité et pas une autre ? Mon subconscient demeure hermétique à toutes tentatives de pleine conscience.
Donc, par mesure de précaution [prekosyon pa kapon], je garde mes cheveux au naturel.
Covid s’y mêlant dès 2019, plus de studio de beauté pour moi. La résultante : une crinière style caniche, longue et indomptable.
De ma brève plongée dans l’ésotérisme, j’ai appris que les cheveux étaient de véritables et naturelles antennes de communication avec l’au-delà.
Lors de ma méditation d’hier, les paumes des mains dirigées vers le ciel, les yeux fermés, concentrée à inspirer la lumière et expirer tout ce dont je n’ai plus besoin, je sens mes cheveux crépiter.
Ça y est, je suis partie pour un superbe voyage transcendantal. Mon chakra couronne s’est finalement ouvert.
Non seulement ça crépite, mais ça frétille dans ma tête.
De ma position Shavasana, je me redresse brusquement, perpendiculaire au sol à quatre-vingt-dix degrés, les yeux grands ouverts, les mains dans une mudra inédite, je farfouille dans cheveux tentant d’atteindre et d’éteindre ces flammes inattendues.
Un hanneton a trouvé foyer dans ce nid-de-poule qui me sert de coiffure.
Namaste.
26 mars 2022
Propositions


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